LORSQU’ELLE ROUVRIT LES YEUX, HELGI N’ÉTAIT PLUS DANS LA FORÊT. Elle était de retour sur la table. Le couteau était suspendu au-dessus d’elle, la pointe effleurant la peau de sa gorge. De lui-même, le couteau monta, de façon à pouvoir la laisser se redresser, et Verdandi le récupéra. Sigurd était là, et à sa façon dont il la regardait, elle comprit qu’elle devait avoir gardé ses nouveaux traits physiques. Mais à peine avait-elle commencé à regarder ses mains et ses bras, qu’elle voyait ses muscles reprendre leur taille habituelle, de même que ses ongles, et ses veines, dont le tracé doré peu à peu s’effaçait de sa peau. Elle se souvint des notes qu’elle avait lues à propos du rituel de l’ascension de Lif. Elle réalisait alors ce qu’elle venait d’accomplir. Elle sentit soudainement ses forces la lâcher, et Sigurd la rattraper.
– J’ai réussi…. Lâcha-t-elle dans un souffle.
– Je ne sais pas trop de quoi tu parles… Tout ce que je sais c’est que tu étais comme endormie pendant deux jours entiers…
– Je sais…. Je t’expliquerai et te raconterai… Répondit-elle, en souriant.
Les trois Soeurs les accompagnèrent alors dans leurs quartiers. Helgi demanda à Sigurd d’aller voir Rùnar à nouveau. Ensemble, ils allèrent à sa chambre, et veillèrent à nouveau sur lui. Helgi montra alors à Sigurd les carnets de notes à Sigurd. Cela eut plus d’impact qu’elle ne pensait. Elle apprit ce soir-là, que Lif, la première Herkkä, était la mère de son ami et la mère de Brynhilde. Elle lui expliqua alors le processus du rituel, son importance, et lui raconta le déroulement de son propre rite de l’Ascension. Elle prit cependant la décision de ne pas évoquer sa dernière rencontre avec le cerf. Elle voulait d’abord s’assurer qu’elle n’avait pas tort de penser qu’il pourrait avoir un lien avec Brynhilde.