UN TONNERRE SE FIT ENTENDRE, suivit d’un éclair déchirant le ciel. Et lentement la porte s’ouvrit. Baleygr entra, et s’approcha du lit. Il s’assit près de la völva. Hyndllah rouvrit une dernière fois les yeux.
– Baleygr… Elle passa une main sur sa joue, la caressant doucement. Une larme dorée coula sur sa joue. Je suis désolée… Vali et Vidar… Je n’ai pas eu le choix…
– Je sais… rassura Baleygr. Il n’y a rien à pardonner… Tu as apaisé leur âme à nouveau. A présent ils peuvent enfin trouver le repos…
La main de Baleygr glissa sur celle de la völva, encore posée sur sa joue, soupirant le cœur lourd.
– Ne sois pas triste. dit-elle. Les Nornes l’avaient prédit…
Il le savait, mais il y avait une différence entre en avoir connaissance, et le vivre. Hyndllah ajouta :
– Tu sais que je ne pars pas vraiment… Tu sais où me retrouver. Sur la terre des mortels, je disparais peut-être, mais je serais toujours là-bas, à Fòlkvangr. J’y serai et j’attendrai… Comme toujours…
Il se rapprocha et colla son front contre celui d’Hyndllah.
– Je sais… Murmura-t-il. Même s’il ne l’exprimait pas, Hyndllah savait combien il était attristé. Elle lui sourit, et ferma les yeux, apaisée.
Un dernier soupir passa entre ses lèvres. Baleygr resta un moment sans bouger. Il s’écarta doucement, déposant la main de la völva sur le corps à présent inerte. Il savait ce qu’il devait faire à présent. C’était difficile, cela lui pesait, mais il n’avait pas le choix. Il la nettoya, la coiffa, remit en ordre sa tenue habituelle et ses divers bijoux, puis l’enveloppa dans un tissu en lin blanc. Il la prépara pour son dernier voyage, récitant des vers runiques, alors qu’il faisait danser sa main droite au-dessus du corps. Puis, il prépara le bois à l’extérieur.
Il rentra et passa ses bras sous le corps de la völva. La portant seul, il se dirigea vers le bûcher et déposa le corps. Il y rassembla des éléments du mobilier funéraire et autour du corps il déposa tout ce dont la völva avait toujours utilisé pour ses rites et sa magie, ainsi que ses bijoux et autres objets favoris. Il mit enfin le feu au bûcher. D’un claquement de doigt il renforça la flamme et rendit le feu vivace malgré la pluie et l’orage.